par Vincent Madras
C’est le titre d’un nouvel album qui vient s’ajouter à la Bibliothèque du Fantastique chez Casterman sur un texte de Béatrice Bottet. En voici un petit aperçu…
Quand on m’a proposé d’illustrer cet album j’ai accepté sans hésitations, je ne m’étais jamais confronté à ce type de travail mais le sujet m’emballait particulièrement. Je me suis tout de suite vu plancher sur ce thème fantastique classique et populaire, j’aime les histoire de hantise, les contes macabres, les légendes lugubres, les ambiances gothiques, l’esthétique Victorienne, etc… Le Fantastique est un genre très discret comparé à la Fantasy et la Science-Fiction, il amène pourtant une réflexion originale et profonde sur l’humain grâce au surnaturel, il offre des visions puissantes, complexes, stimulantes, souvent poétiques et sensibles et j’ai aimé l’aborder, sortir des univers auxquels je suis plus habitué. En parallèle à la réalisation de cet ouvrage, je me suis plongé avec régal dans les contes de Maupassant, j’ai découvert le cinéma asiatique et espagnol, des films comme A Tale of Two Sisters et L’Orphelinat par exemple, et je me suis souvenu du splendide travail de Bernie Wrightson qui fait partie de mes premières amours d’illustrateur, cela doit se voir un peu par endroits…
J’ai réalisé les dessins au crayon, puis je les ai mis en couleur à l’ordinateur, la couverture est peinte à l’huile.
La dernière image en guise de conclusion est initialement un premier projet de couverture.
C’est un ouvrage qui s’adresse à la jeunesse, il y avait donc certaines limites à considérer, mais je ne me suis pas trop bridé pour autant car je sais comment cela marche, enfant, j’aurais adoré un tel livre avant de m’endormir, racontant sur un mode encyclopédique des choses assez effrayantes, avec les images qui vont avec. Selon la définition couramment acceptée le Fantastique naît de l’hésitation entre l’abandon à l’acceptation du surnaturel et le désir de son explication rationnelle, l’imagination des enfants vit dans cette marge, où la réalité s’effrite facilement, où les fantômes sont souverains.
C’est un territoire dont je ne suis pas vraiment revenu moi-même et un genre auquel je reviendrai très certainement, avec plaisir.